Eclairage public

La pollution lumineuse n'a rien à voir avec les poussières nocives rejetées par les industries ou les voitures comme dans le cas de la pollution atmosphérique. Elle est due à la fois à une trop grande quantité de lumière, qui se manifeste par un halo lumineux surplombant nos villes et nos villages, et à des usages néfastes de la lumière (mal orientée, trop haute, sans cache contre les façades, utilisée toute la nuit sans nécessité, …).

Les conséquences de cet excès d’éclairage artificiel ne se limitent pas à la privation de l’observation du ciel étoilé. Elles sont aussi :

  • Une source de perturbations pour la biodiversité (modification du système proie-prédateur, perturbation des cycles de reproduction, des migrations, …),
  • Une contribution à l’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre, responsable entre autre du réchauffement climatique,
  • Un gaspillage énergétique et financier considérable.

Selon l’Ademe, les 11 millions de points lumineux qui constituent le parc d’éclairage public français nécessitent une puissance d’environ 1300 MW, soit la puissance délivrée par une tranche nucléaire récente à pleine charge. L’éclairage public correspond à 41 % de la consommation d’électricité des communes et émet annuellement 670 000 tonnes de CO2.

Ce parc, globalement vétuste – le Syndicat de l’éclairage estime qu’au moins 40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans –, présente un vaste potentiel de réduction des nuisances lumineuses et des consommations d’énergie grâce notamment à l’utilisation :

  • de lampes plus efficaces. Les lampes à vapeur de mercure qui composent 30 à 35 % du parc d’éclairage public sont deux fois et demi moins efficaces que les LED par exemple ;
  • d’une lumière mieux orientée vers les zones à éclairer. Environ 1 million de « boules lumineuses » sont encore en service, présentant à la fois une très mauvaise efficacité lumineuse globale et générant une importante pollution lumineuse en éclairant davantage le ciel que la chaussée ;
  • par la mise en place de systèmes de gradation de la lumière, qui permettent d’adapter la quantité de lumière émise aux besoins, et éventuellement d’extinction de l’éclairage en pleine nuit dans certaines zones.

A l’heure actuelle, les scientifiques considèrent que la pollution lumineuse est l’une des pollutions qui croit le plus rapidement à travers le monde (entre 6 et 10 % en moyenne par an suivant les pays).

Les images ci-dessous, issues du site www.lightpollutionmap.info illustrent l’évolution de l’intensité lumineuse la nuit sur notre commune ces dernières années : plus la couleur est foncée, plus c’est éclairé. Il apparaît que l’urbanisation de notre villages illumine de plus en plus nos nuits.

2021-07-Lumiere 

Afin de réaliser une mesure avantageuse à la fois économiquement, énergétiquement et écologiquement, la commune de Lapeyrouse-Fossat a initié une rénovation de son parc d’éclairage public.

De nombreux lotissements sont actuellement éclairés par des lampadaires de type « boule », présentant à la fois une très mauvaise efficacité lumineuse globale et générant une importante pollution lumineuse en éclairant davantage le ciel que la chaussée. Au cours des 3 prochaines années, ces lampadaires seront rénovés : ils seront équipés de luminaires orientés uniquement vers le bas et munis d’ampoule LED, offrant une plus grande sobriété énergétique. Les travaux commenceront dès cette année, par les lotissements « Plaine de Jouaninet », « Les Tournesols » et « St Pierre ».

En parallèle, des horloges astronomiques seront installées dans les coffrets de commande de l’éclairage public. Ces horloges sont très précises et déterminent automatiquement - par des calculs mathématiques - l'heure à laquelle il est nécessaire de déclencher l'allumage de l'éclairage et de l'éteindre. L’horaire d'allumage varie donc de jour en jour, en s'accordant en fonction des cycles diurnes et nocturnes. Ces horloges offrent par ailleurs la possibilité d'enregistrer des programmations afin de mettre en place un éclairage réduit ou interrompu.

Ces deux actions diminueront notre consommation électrique annuelle de 10 %.

Mais nous pouvons aller plus loin !

De nombreuses communes ont déjà mis en place l’extinction au cœur de la nuit. Dans notre secteur, nous pouvons citer St Jean en 2015, Bouloc en 2016, Villariès en 2018 ou encore L’Union en 2020. L’extinction de l’éclairage public, quelques heures en plein cœur de la nuit, peut permettre de réduire notre facture énergétique de plus du tiers, tout en diminuant la pollution lumineuse. Et contrairement aux idées reçues, les communes ayant déjà adopté cette mesure n’ont pas subi d’incidence notable sur la sécurité des biens et des personnes : sans éclairage, les délinquants ont plus de mal à opérer.

Nous vous proposerons l’année prochaine, en fonction de l’évolution du contexte sanitaire, une réunion publique d’information sur ce projet d’extinction de l’éclairage. Cette réunion, en présence de représentants de la Gendarmerie, de communes appliquant l’extinction temporaire de l’éclairage public et d’un scientifique, sera l’occasion d’échanger sur le sujet, ensemble, avant une mise en œuvre expérimentale.